Thursday, November 23, 2006

Festival à 100% Java vs Winston Mc Anuf + R-wan + Dyonisos



Une soirée de folie!

On démarre par l'extraterrestre nommé Didier super, dérangeant au possible, c'est le roi de la dérision! Je ne peux malheureusement pas en dire plus parce que je suis arrivé trop tard pour tout voir ( il fallait boire avant d'entrer faute de moyens ).

Dyonisos, j'étais sceptique! Il faut dire que je suis plus reggae que rock ces temps-ci. Et ben ça a vraiment été une bonne, très bonne surprise. De l'énergie, un chanteur fou à lier ( dans le bon sens du terme ), un public déchainé. Le bohneur quoi! Autant pour nous que pour eux...
Vient ensuite ce que j'attendais de cette soirée, le départ rock aurait bien pû mettre à mal la suite...pas du tout. R-wan et sa Radio Cortex nous offrent une mise en bouche vivante créant un contact formidable avec un public qu'il faut garder chaud.

Puis viennent les Java, ma grande attente de le soirée. Mais leur chanteur est un rasta d'une cinquantaine d'années qui apporte à la formation toute la chaleur d'une grande voix reggae roots...authentique! On termine la soirée sur ce bon vieux rap-musette qui nous a fait aimer Java et continue à être un des grands groupes de la chanson française actuelle...ah pepette!
Tout est là. Une programmation digne des éditions précédentes du 100%, tout s'enchaine à merveille pour notre plus grand bohneur.

Ce que j'en retiendrai:

-Il ne faut pas toujour se méfier des groupes de rock connus.

-Les mélange d'influences apporte un certain renouveau dans ce monde musical cloisonné. Ca me fait particulièrement plaisir qu'un artiste jamaicain participe à ce type d'initiative, quand on connait le manque d'ouverture inhérent monde du reggae dans ce pays.

Merci Winston, bless...

Johannes de DDC

Monday, November 06, 2006


Critique du film : Mon Oncle d’Amérique



De Alain Resnais, avec Roger Pierre, Nicole Garcia, Gérard Depardieu.



J’ai il y a peu redécouvert un véritable chef d’œuvre, qui m’avait laissé de très bons mais très anciens souvenirs. Ce film, c’est Mon oncle d’Amérique d’Alain Resnais. Distribué en salles en 1980, ce bijou qui joue avec la sociologie et la psychologie nous invite à suivre trois histoires. Le lien entre les trois est celle du personnage de Nicole Garcia, qui campe Janine, une actrice, jeune maîtresse d’un professeur qui fait carrière à l’ORTF (Jean, incarné par Roger Pierre). Depardieu joue un autre de ces personnages : René, un autodidacte catholique qui brille dans sa branche industrielle, avant d’être malmené par les nouvelles méthodes de travail.







La structure narrative du récit est définitivement innovante : Resnais entrecoupe son récit d’expériences psychologiques avec des rats, de films en noir et blanc qui ont posé leur emprunte sur la façon d’être des personnages, d’explications sur les fondements de la psychologie prodiguées par le professeur Laborit (un éminent chercheur français qui, pour avoir introduit les psychotropes en thérapie psychiatrique, ne se limita pas aux traitement médicamenteux des pathologies). En cela, il a probablement inspiré Bernard Werber (les Fourmis, les Thanatonautes) qui reprend ce schéma dans tous ses livres.

Dès lors, les destins qui nous sont contés deviennent les illustrations du décorticage des personnalités. Le récit prend un sens nouveau, et l’on voit en œuvre les mécanismes profonds de la pensée, qui submergent irrémédiablement la raison.



Novateur par sa narration, ce film l’est aussi pour avoir eu le culot de jouer aussi ouvertement avec les trois héros, provoquant ainsi le spectateur dérouté que l’on puisse analyser aussi facilement son propre comportement, et incite à une introspection dérangeante sur les ressort de son âme et sur son comportement. Aurait on encore aujourd’hui le courage de tenter un film aussi interpellant ? J’en doute fort. C’est aussi ce qui rend Mon oncle d’Amérique si précieux, et rend son visionnage si indispensable. Ce film aide à mieux comprendre notre psychologie et celle de nos proches. Comment s’accommoder, se détacher des relations primaires qui nous dominent sans les connaître et les comprendre ?

Mon oncle d’Amérique a marqué tous ceux qui l’ont vu. Nul doute qu’après l’avoir vu vous aurez l’occasion d’en discuter avec vos proches (enfin ceux qui, à l’inverse de vous et moi étaient en âge de l’apprécier quand il est sorti puis été diffusé à la télé). C’est aussi une opportunité de mesurer l’ampleur du travail d’abrutissement qui est abattu avec une application croissante. Mon oncle d’Amérique ne pourrait pas sortir aujourd’hui. En 80 déjà, c’était un OVNI.

A Cannes, le film remporte le Grand prix du jury et le prix de la critique.

Du même réalisateur : Nuit et brouillard (1955), Hiroshima mon amour (1959), La vie est un roman (1983), On connaît la chanson (1997), Pas sur la bouche (2003).



Critique du film : Je vais bien, ne t’en fais pas


De Philippe Lioret, avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Aïssa Maïga.

On dit qu’un mauvais livre est celui qui laisse son lecteur intact. Intact, le spectateur de « Je vais bien, ne t’en fais pas » ne l’est plus à la fin de la séance. Du moment que l’action commence, les situations s’enchaînent avec un grand naturel, les personnages prennent du corps, la description de notre société se fait sans verser dans la caricature.

Sans gâcher la surprise, au début du film Lily, 19 ans, de retour de vacances, apprend de ses parents que son frère jumeau a quitté la maison suite à une dispute avec son père. Les jours passent et son absence devient pour la jeune femme de plus en plus insupportable. Celle-ci étudie mais vit encore chez ses parents et les rixes verbales qui les opposent se font de plus en plus passionnées alors que ceux-ci affichent un défaitisme, une démission flagrants. Petit à petit, Lily tombe dans un état dépressif qui s’avère de plus en plus préoccupant. Elle finit par être internée en hôpital psychiatrique.

Ce n’est que le début du film mais déjà l’empathie pour Lily dont on partage viscéralement les blessures de l’âme, la qualité du jeu des acteurs et la vérité du scénario nous plongent dans sa vie et nous fait oublier, comme dans un théâtre de marionnettes, de se préoccuper des fils qui animent les acteurs. A l’image de l’œuvre, la bande son minimaliste a un effet maximal. Enfin, on se laissera surprendre par la pirouette finale, et la symbolique forte de la dernière scène accompagnera le spectateur pendant des jours entiers.

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